Le professeur relaxé, le policier débouté

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Un enseignant du collège était jugé hier pour… violences avec arme sur une personne chargée d’une mission de service public.

Les juges n’ont pas trouvé d’élément pouvant caractériser une infraction pénale.

Zèle d’un policier municipal qui joue les shérifs ou professeur qui estime ne pas avoir à recevoir de leçon ? Le 27 septembre dernier, un incident s’est produit à la sortie des classes de l’école et du collège Montesquieu. Suite au rapport de constatation du policier municipal, l’enseignant était convoqué hier devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

Le quinquagénaire, professeur d’histoire-géographie au collège de La Brède, était en fait jugé pour… violence avec arme sur personne dépositaire de l’autorité publique. « Je ne comprends pas bien ce que je fais là », déclare-t-il en préambule.

Ce jour-là, le policier municipal et son véhicule sérigraphié à la portière ouverte bloquaient le passage, le temps que les élèves sortent de l’école et du collège. Des travaux les obligeaient en effet à cette époque à faire sortie commune.

« J’étais à moto, je me suis arrêté pour savoir si je pouvais passer et il m’a dit non », explique le prévenu. « Pas tant qu’il y avait encore des élèves sur le parking. Mais cela pouvait durer, il y en a qui restent discuter longtemps. J’ai attendu puis il a fermé sa portière et je suis parti. »

Pas un modèle de patience.

Le policier municipal, très impliqué dans la prévention routière, n’a pas la même version des faits. « Si je me mets là, ce n’est pas pour rien. Il s’est arrêté sur mon pied et accélérait pour me faire peur. À la fin, il est passé en force et a zigzagué entre les parents et les enfants. Il aurait pu en accrocher un », dénonce-t-il, en admettant ne pas avoir été blessé. « Ce n’est pas l’attitude normale qu’on est en droit d’attendre d’un professeur », renchérit son avocat, Me Didier Bats.

Le ministère public décide de requalifier les faits en rébellion et requiert 800 euros d’amende. « On essaie d’arracher à tout prix une condamnation », s’offusque Me Servan Kerdoncuff, qui plaide la relaxe, « même si ce chapeau à porter est moins lourd ».

Après en avoir délibéré, le tribunal a relaxé le professeur. Son attitude n’est peut-être pas un modèle de patience mais ses juges n’ont pas trouvé d’élément pouvant caractériser une infraction pénale.

Florence Moreau (Sud Ouest)